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Paralpinisme vs Paralpinisme

...ou quand les appelations s'entre-choquent ! Paralpinisme est un terme récent - certains diraient "mot-valise" - qui désigne de manière quelque peu ambigüe deux disciplines pratiquées en montagne : parapente + alpinisme d'un côté, parachutisme + alpinisme de l'autre. Bien que les deux activités aient en commun l'emploi d'une voile et de bonne chaussures, elles se différencient très nettement aprés la partie alpinisme.

La première acceptation désigne les décollages en parapente depuis des sommets généralement peu faciles d'accès et souvent en haute montagne et requièrant la mise en oeuvre de techniques d'alpinisme pour atteindre le point d'envol. La consultation des archives paralpinisme sur Parapente Planète laisse rêveur sur l'audace des pionniers et sur les possibilités offertes au pratiquant. D'ailleurs aujourd'hui le mythique Vol 4807 (départ du sommet du Mont Blanc, organisé ou perso) semble un must !

L'autre sens renvoie aux sauts en parachute effectués depuis des parois et dont l'accès aux "exits" (points de départ du saut) nécessite également de maitriser les techniques de l'alpinisme : rappels, mise en place de relais, escalade voire carrément organisation d'une expédition complète (comme par exemple pour le premier saut dans la face S du Huandoy). En fait ce paralpinisme là est un sous-ensemble du BASE Jump. Il me semble qu'on emploie aussi parfois le terme de "saut de falaise". La dimension montagne dans cette activité est incontestable : tout comme en alpinisme, on parle parfois de "lignes" et les exits ont leur nom propre à la manière des voies d'escalade. La lecture de ce récit d'Erich Beaud, qui pratiqua à haut niveau l'alpinisme puis le parachutisme d'avion avant d'être un pionnier du paralpinisme, est édifiante. Le passage relatant son ouverture (encore un terme de montagne !) de la face N de la paroi des Voûtes est très impressionnant et je ne peux m'empêcher de comparer la démarche à l'ouverture d'une descente à ski ou d'une voie d'escalade, demandant observation, repérage, technique, détermination et surtout perspicacité !

Bref un même terme partagé par deux activités somme toute pas mal différentes même si dotées d'une origine commune : le parachutisme. On a cependant l'impression que ces deux mondes sont un peu parallèles et ne se parlent pas trop. Je suis sûr que dans chaque milieu, on ne se pose pas vraiment la question : c'est évident, les paralpinistes c'est nous ! D'ailleurs c'est amusant de constater que d'autres "collisions" de vocabulaires existent, à commencer par l'abréviation "para". Ce WE je vais faire du para ! Dites-moi à quoi vous pensez, je vous dirai qui vous êtes...

Pour en revenir au terme paralpinisme, une petite recherche sur Internet nous apprend quels en sont les géniteurs. Pour le parapente, il semblerait que l'expression ait été inventée par Pierre Gevaux après son décollage il y a 20 ans du premier "8000" en parapente, le Gasherbrum II le 23 août 1985. Côté parachutisme, c'est Erich Beaud qui revendique la paternité du bébé au début des années 90 :

Un véritable nouveau sport de montagne était né, alliance de l'alpinisme et du parachutisme. C'est à peu prés à cette époque que je crée le terme de paralpinisme. Beaucoup plus beau et évocateur à mes yeux que le fameux " BASE jump ". (De l'alpinisme au paralpinisme - juin 2003)

Bref le "paralpinisme parapentiste" semble être apparu un peu plus tôt (début des années 80) que le "paralpinisme parachutiste" (fin des années 80). Il me semble quand même que l'appellation commence à se développer un peu plus du côté du saut de falaise. Peut-être une impression faussée par mes antécédents para... chutistes !

Vos commentaires (2)

De toutes façons, je trouve que ce terme de paralpinisme sonne faux : un, il est à mon sens pas très beau ; deux, si l'on tente de deviner son sens à partir de sa construction, on obtient "contre-l'alpinisme"! Para...doxal non?

Allez les gars, faut en trouver un meilleur. Pour l'instant, un bon vieux Baaaaaaaaaaaaaaaaaaase! fait bien l'affaire et est plus évocateur. En tout cas, on sait tout de suite à qui on a affaire.

En effet, le récit de Beaud est imprésionnant.
Par ailleurs, le vocabulaire est révélateur: en paralpinisme, on n'a pas des accidents, on "se tue prématurément".
Sous entendu, il est acquis que l'on va se tuer lors d'un saut, mais ce serait mieux si ce n'était pas trop tôt, que le gars ait eu le temps d'ouvrir qq spots ou d'améliorer la technique, histoire qu'il ne soit pas mort pour rien.
En effet, ce sont des pionniers !


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