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Mont Chauffé : Face des Crottes

Face des CrottesContrairement à ce que pourrait laisser croire son nom (les Crottes est le sommet du synclinal entre le chalet de la Raille et la face), cet itinéraire n'est de loin pas une bouse ! Bien au contraire : couloir caché dans la falaise, vue superbe et un peu aérienne, parcours alpin sur l'arête et pour arriver au sommet : la classe ! Seul hic, le versant S du Mont Chauffé est généralement mal enneigé et par conséquent la descente n'est pas très souvent en conditions.

Du carrefour du Sauvage (1229m), après le hameau du Mont, suivre vers l'E la piste forestière de la Raille et la quitter au chalet de Crébin (1500m) pour suivre l'arête ronde menant vers les Crottes. Arriver en vu d'un couloir caché (plutot orienté E ou ESE - 40/45° sur un peu moins de 100m) qui permet de franchir la falaise de la Petite Raille. On accède à un petit plateau suspendu au dessus de la falaise (l'itinéraire devient alors très exposé même si l'exposition en se fait pas tellement sentir) qui se raidit pour atteindre le fil de l'arête (45°). Suivre alors l'arête E vers l'W (un passage en mixte) pour déboucher dans le vaste plateau en dévers de la face S du Chauffé. Escalader les rochers sommitaux par un passage rocheux peu difficile plutôt à main droite et traverser 2 petites combes neigeuses suspendues pour atteindre le sommet. La descente s'effectue par le même itinéraire.

Vos commentaires (3)

je profite de ce bel itinéraire pour relancer un débat qui ressurgit de temps à autre : ne devrait-on pas coter l'exposition "ressentie" au lieu de l'exposition "objective"? En effet, l'exposition "non ressentie" n'influence pas le caractère de la voie et n'intervient pas dans la façon de skier à la descente. Ou alors il faudrait l'ajouter dans la cotation principale (le x.y), ce qui n'est pas le cas aujourd'hui (du fait je crois que son influence sur le ski varie selon les individus). Bref, moi je vote pour la ressentie au lieu de l'objective! Le débat est lancé! (tiens ça vaudrait presque un post sur skitour/skirando (avec un titre un peu polémique, de nouveau, histoire d'avoir bien des réactions ;-))

C'est effectivement une question pertinente, déjà plus ou moins abordée dans d'autres posts de ce site : "Expo or not Expo" (http://djenoun.skirando.ch/post39.html) et "les Cotations et le Chaos" (http://djenoun.skirando.ch/post73.html).

C'est sûr que ce qui fait la difficulté c'est le stress induit par l'exposition et non l'exposition même. Si on pouvait occulter ce qui fait cette exposition (par ex. le "vide-ordure") on skierait plus relax, éliminant ainsi la difficulté mentale pour ne conserver que la difficulté technique. Du coup une exposition qui ne se fait pas trop sentir (on ne voit pas trop qu'il y a une falaise en dessous etc.) même si elle est bien présente résulte en une difficulté mentale moindre que pour une pente un peu moins expo (et donc avec une cotation expo plus faible). Raisonnement qui va plutôt dans ton sens et celui de l'exposition "ressentie".

D'un autre côté, comme tu l'admets, ce ressenti dépend des personnes. A la limite c'est pas contradictoire car comme il existe un niveau technique pour chacun qui fait aborder une difficulté technique (pente...) plus ou moins sereinement, on peut dire qu'il existe un niveau mental (en général on parle simplement du "mental") qui fait qu'on envisage plus ou moins sereinement une exposition. Y aussi les conditions de neige qui joue : si c'est blindé de poudre, tu es vachement plus détendu dans une pente même au dessus du vide-ordure que si la neige est dure. De plus avec l'enneigement certains reliefs disparaissent ou sont attenués, modifiant ainsi parfois l'exposition "ressentie" mais également "objective".

Bref on est assez marri pour définir ce qu'ont veut appeler l'exposition. Dans le fond c'est un peu un reproche que je ferai à la cotation toponeige : on cherche à être précis (et c'est une qualité souvent vanté par les acquis à cette cotation - dont je fais plus ou moins partie quand même ;-) ) mais le hic c'est que la grandeur qu'ont veut évaluer précisément n'est pas intrinsèquement précise.

Du coup ça amène indirectement à des imprécisions de cotation, des mauvaises habitudes, des dérives etc . (cf "les Cotations et le Chaos").

N'oublions pas non plus le problème du caractère soutenu ou pas de l'exposition...

Bref j'ai pas vraiment de réponse à la question, seulement d'autres questions... Un expert pour nous éclairer ?

Pas une réponse d’expert mais juste mon avis :

Coter objectif est déjà souvent un casse tête, alors coter « ressenti » risque de compliquer les choses sans apporter grand chose en retour.

Pour ce qui est de la cotation ponctuelle, elle se veut froide et technique et indifférente à l’exposition en ne jugeant que la skiabilité générale de la pente (inclinaison générale et ponctuelle ainsi que largeur ou encombrement). Pas toujours facile mais avec l’expérience, en faisant des mesures sur le terrain et surtout en croisant les avis on y arrive finalement pas si mal.

La cotation d’exposition se veut tout aussi rationnelle. Il s’agit de répondre simplement à la question (en tout cas c’est ce que j’essaye de faire) : que se passe t’il si, pour une quelconque raison, je me vautre dans cette pente (même si je suis tranquille dans ce niveau). Cela sous-entend que, quelles que soient les conditions rencontrées, l’on fasse l’analyse en imaginant systématiquement les conséquences d’une chute en neige glissante et non pas dans de la grosse poudre.

Le reste n’est que considération personnelle : savoir que je cote cette pente en E4 tranquille parce que ce jour là c’était en grosse poudre ou que ce n’était qu’un 3.3 alors que d’habitude je ne me déplace pas pour moins de 5.2 ;-) n’intéresse personne. De toute façon, instinctivement on réajuste avec sa propre subjectivité : je ne considère pas de la même manière un E4 coté 4.2 et un E4 coté 5.2.

Pour résumer, les cotations qui sont des valeurs génériques et normatives (au sens de destinées à toutes les populations de skieurs) ne sont que des éléments indicatifs (car, comme le dit Alex, le schéma fonctionnel qui permet de coter reste imprécis) à pondérer (en mettant sa touche perso avec ce que tu appelles le « ressenti ») en fonction des conditions et des individus. Finalement, c’est la même chose en grimpe (il me semble que cela avait déjà été discuté): la cotation d’un passage se veut indépendante de l’exposition : on cote de la même manière un 5 expo à 15 mètres du dernier point avec un 5 effectué avec le point au niveau du nombril. Pourtant les deux passages n’ont rien à voir si ce n’est en technique pure. L’un rendra certains terreur alors que d’aucuns ne le verront même pas. C’est là qu’intervient la notion d’obligatoire qui permet de différencier les deux passages. Le problème en pente raide, c’est que tout est obligatoire…


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