Les skieurs sont des automobilistes qui ont trouvé une place de parking
Ce WE une émission de radio et la consultation du catalogue neige du Vieux Campeur m'ont fait réfléchir sur le comportement automobiliste de certains skieurs et sur certaines troublantes ressemblances entre marché du ski et de la voiture.
D'un côté, donc, une émission de radio dont l'invité rappelle que depuis son invention vers 1926, le Principe de Précaution est appliqué (tout du moins théoriquement) à la plupart des produits de consommation : appareils électro-ménagers, cosmétiques, alimentation, équipement de montagne... Normalement quand des doutes sérieux sur la non-dangerosité de tel ou tel produit subsistent, on s'abstient. Or il existe un domaine où ce principe de précaution est tabou : l'automobile. S'il est vrai que les constructeurs recourent parfois à des rappels de véhicules, dans l'ensemble une voiture reste un instrument excessivement dangereux. Dans beaucoup d'accidents, une trop grande vitesse est en cause. Comme le suggère cet invité, des voitures pouvant rouler à 200 voire 250km/h alors que la vitesse maximum autorisée est 130km/h vont à l'encontre de ce principe de précaution.
Or ces derniers temps je m'intéresse particulièrement aux caractéristiques des derniers modèles de ski pour cause de renouvellement de matos. Apparemment le skirando n'échappe pas à l'évolution "freeride" (skis de plus larges etc.) et l'un des critères régulièrement avancé est l'accroche et le comportement à haute vitesse de ces engins. Suivez mon regard... haute vitesse... voiture... haute vitesse... skis... La vitesse est donc devenue un argument commercial pour les fabricants de ski et le consommateur se retrouve bombardé d'images de freerideur à Mach 3 (expression consacrée) dans la poudre ou carvant le cul presque à terre sur la piste. Pourtant beaucoup de gens ne sont pas capables de skier ainsi ou en tous cas de maitriser correctement leur vitesse et leur trajectoire. Illustration pas plus tard qu'hier où un skieur s'est tué en percutant à grande vitesse un surfeur (pour une fois qu'on leur met pas le forfait sur le dos !) dans une station des Pyrénées.
Bref en station (en rando aussi mais dans une moindre mesure), personne n'est à l'abri de se faire faucher par un fangio à peine descendu de sa caisse. Et tout comme pour l'industrie automobile, on ne peut pas dire que les fabricants de ski poussent à la modération et à la précaution.