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Les cotations en ski-alpinisme

La cotation des itinéraires en ski-alpinisme est souvent l'objet de discussions mouvementées du fait de sa subjectivité (un débutant ou un cador du ski n'auront pas la même impression de difficulté pour une même pente) et de son imprécision (d'une descente à l'autre l'enneigement ou la qualité de la neige peut changer et il est difficile de comparer des itinéraires dont les configurations sont souvent très différentes). Au cours du temps, plusieurs auteurs, en général des skieurs de talent, ont développé leur propre système de cotation : Gérard Blachère, Philippe Traynard, Gérard Chantriaux, etc. et surtout François Labande et Volodia Shahshahani. Un dossier très intéressant et complet est disponible sur le site de la FFME : cotation en ski-alpinisme.

La cotation Labande (dite Alpine car utilisant la même échelle que celle usitée en alpinisme) et la cotation Shahshahani (dite Toponeige) sont les deux systèmes les plus couramment rencontrés dans les topos-guides actuels. Ils sont expliqués dans les paragraphes suivants. Certains passages sont tirés textuellement des ouvrages de leurs auteurs respectifs.

Cotation Labande

La cotation Labande, apparue dans les années 1980, est à double entrée (par exemple D/S4). Elle comporte une évaluation de la difficulté globale d'une course (cotation d'ensemble) et une cotation ponctuelle indiquant la difficulté maximale rencontrées. On peut comparer ce système aux cotations des grandes courses rocheuses indiquant le niveau général de la voie ainsi son niveau technique maximum, par exemple TD+/6a. Ce système est fortement développé dans les Alpes du Nord.

La cotation d'ensemble tient compte essentiellement des difficultés techniques de la descente à ski, résultant de l'inclinaison, de l'exposition et de la continuité de la pente; elle tient compte également, à des degrés moindres, de la longueur de la course, des difficultés de montée, des dangers inhérents à la haute montagne (crevasses, séracs, ...) et de l'engagement dans certaines régions sauvages. Cette cotation reprend l'echelle d'évaluation des difficultés alpines élaborée par Wilo Welzenbach et qui comprend 7 degrés :

A part le niveau F, chaque niveau possède en plus 2 sub-divisions supplémentaires qui permettent de préciser la cotation : + (ou sup) et - (ou inf). Par exemple : TD-, TD, TD+. Attention : les cotations de ski-alpinisme utilisant cette échelle ne sont pas équivalentes à leur consoeurs d'alpinisme qui utilisent la même terminologie (par exemple la pente NE des Courtes est donnée AD en alpinisme mais TD en ski-alpinisme !!).

La deuxième entrée de la cotation Labande a trait à la difficulté maximale rencontrée au cours de la course. Elle ne prend pas en compte le caractère soutenu ou non de cette difficulté (pente raide sur un grand dénivelée ou pas, etc.), ce critère étant inclu dans l'évaluation de la difficulté globale. Voici la description des 7 niveaux composant cette échelle :

Cotation Shahshahani

Ce système a été introduit par Volodia Shahshahani vers la fin des années 1990 dans ses guides de randonnées à ski Toponeige. Originellement utilisé pour les massifs proches de Grenoble, couverts par les premiers Toponeige, il semble aujourd'hui s'étendre vers les Alpes du Nord. Trois informations sont réunies : la cotation de marche (montée), la cotation de descente et la cotation d'exposition.

La cotation marche donne l'ordre des difficultés rencontrées à la montée. Il s'agit en fait de la cotation classique en alpinisme neigeux allant de F à D (les courses neigeuses en TD ou plus sont peu courantes, il s'agit alors plus de courses en mixte ou en glace, en tous cas pas pratiquées en ski). Une cotation R, pour Randonnée, a été ajoutée et renvoie à un parcours de montée sans... soucis.

La cotation de descente (ou cotation ski) donne une indication sur la difficulté intrinsèque d'une pente en prenant en compte sa raideur, sa largeur (couloir étroit, large face...), sa longueur. Elle comprend 4 degrés avec 3 subdivisions (x.1 = inférieur, x.2 = médian, x.3 = supérieur) et un 5eme degré ouvert vers le haut comportant pour l'instant 6 subdivisions (5.1 à 5.6).

Le troisième paramètre est la cotation d'exposition qui retranscrit le danger encouru lors du parcours d'un itinéraire. Ce danger ne concerne pas les risques objectifs tels que chutes de pierre, avalanches, etc., risques qui de toutes façons peuvent grandement évoluer d'un moment de la journée à un autre, ni ceux dus à la raideur de la pente (information normalement représentée par la cotation ski) mais ceux en rapport avec la présence d'obstacles tels que rochers, barres rocheuses, étranglements et dont la rencontre incontrolée peut s'avérer désagréable. Quatre niveaux d'exposition sont définis :

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