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But dans le Beaufortain

Il me vient bien à l'esprit un but (rétrospectivement) sympa mais c'est pas un tout jeune. Tant pis pour le Nimp'But d'Or 2004, j'ai ptet une chance au classement toutes saisons.

C'était un peu avant Noël 1998, j'en étais à mes toutes premières sorties en skirando et donc sans grande expérience du but. Avec des potes du club montagne de mon ecole, on avait décidé de faire un petit raid de 4 jours dans le Beaufortain en faisant quelques classiques style le Grand Mont etc. et en bivouaquant à la belle étoile. Nous ne doutions en effet de rien. D'ailleurs avec ces potes là, on a jamais dormi en refuge ni pris les remontées mécaniques : c'était toujours bivouac et montée à pied avec les sacs énormes. Je comprends mieux maintenant pourquoi c'était toujours les 3 ou 4 mêmes têtes dans notre club montagne. =D

Le raid commença très fort dés le départ de Paris où nous vaquions à nos studieuses études dans notre grande et belle école. En effet après plusieurs changements de RER, nous nous rendîmes rapidement compte qu'attraper le TGV d'Annecy allait nous imposer d'enclencher la post-combustion. C'est donc en courrant, gros sac sur le dos, skis (pas léger les skis, pas des altiplume-lovetech de rigolo madame!) dans une main, chaussures de rando dans l'autre, que nous arrivons à la Gare de Lyon, remontons le quai... pour se voir fermer la porte du TGV au nez à 10 secondes près ! Finalement on saute dans le train de Genève et on arrive à Annecy après que l'un d'entre nous a demandé à papa-maman de venir nous chercher à la gare.
=> B4+t évité de justesse (B4+ car le B4 semble un peu sous-coté dans ce cas : on a failli ne pas approcher les difficultés à moins de 600km... et t pour "train").

Le lendemain nous sommes gonflés à bloc, les sacs sont prêts, les skis rugissent, l'élastoplaste du gladiateur est appliqué consciencieusement sur nos délicats petons. Premier contact avec la montagne et déjà le but doucement s'esquisse : la route est impraticable depuis plus bas que prévu (barrée ? je ne me souviens plus) mais pas assez bien enneigée pour pouvoir chausser les lattes. Pas grave, on les charge sur les (gros, dois-je le rappeler ?) sacs et on commence à monter tous confiants dans notre entreprise malgré le temps plutôt maussade. Finalement le manteaux blanc s'épaissit et nous pouvons enfin jouer aux vrais skieurs en raid. On pose les affaires superflues près d'une grange et on entame la montée vers notre premier sommet de la traversée. Tout se passe bien, on sourit à la caméra que nous avons apportée pour faire baver plus tard les petits camarades restés à la maison. Progressivement toutefois, les nuages descendent et le sommet se perd bientôt dans la brume. Point trop rassurés par le parcours d'arête final ni très motivés par la perspective d'une vue bouchée, nous nous contentons d'atteindre la base de l'arête et nous replions en hâte vers nos affaires restées au fond de la vallée.
=> B3md

Nous rechargeons nos sacs et poursuivons dans le vallon vers notre futur emplacement de bivouac au pied du Mont Rosset. Finalement le soleil réapparait un peu et nous nous attelons à l'édification de 2 magnifiques igloos... Ou plutot on essaye. En effet aucun de nous n'a vraiment d'expérience en la matière et de toutes façons la neige, plutot poudreuse voire légèrement croutée, ne se prête pas trop à la réalisation de briques. Les autres abandonnent rapidement et se contentent d'élever de vagues murs de neige autour du trou dans lequel ils dormiront. Mon collègue et moi nous acharnons. Je trouve les restes d'une vieille barrière et nous nous en servons pour faire une sorte de toit à notre abri. On pose quelques vagues plaques de neige dessus et de loin on pourrait presque croire que c'est un igloo. Les autres sont verts ! Entre temps le soleil s'est caché derrière la montagne et il se met à faire très froid. pour une raison non encore élicudée j'enlève 5 min mes gants, humides à cause de nos travaux et quand je tente de les renfiler, ils ne sont plus que 2 morceaux de glace ! Occupés à nos travaux, nous ne nous sommes pas rendus compte que l'obscurité s'installait petit à petit sur notre campement. Les autres sont déjà dans leur sac de couchage et aborbent leur ration de pates. De notre côté nous tentons vainement de faire bouillir le peu d'eau non gelée qui reste dans nos gourdes. Finalement ce sont 2 frontales passablement énervées qui se penchent sur notre réchaud : "pourquoi elle veut pas bouillir cette saleté de flotte !?" En désespoir de cause, nous renoncons à toutes idées de pates ou autres soupes chaudes et nous contentons d'un gerblé chacun. On se glisse dans notre petit abri de fortune avec sa porte bien trop grande, ses parois bien trop fines et constellées de trous et zou ! dans le sac de couchage tout neuf acheté la veille cher Décat'.
Malheureusement l'igloo est trop petit pour moi et j'ai la tête et les pieds qui touchent les parois de neige. Sans sursac, mon "duvet" est vite trempé à ses extrémités et je dois me replier en position foetale pour affronter la dure nuit blanche et glaciale qui s'annonce.

Au matin, j'entends une voie à l'extérieur. C'est nos copains du trou d'en face. Eux ont pas trop mal dormi, mieux équipés, secs et nourris. "Allez debout c'est l'heure !" s'exclament-ils. Complètement réfrigérés de notre côté, nous n'avons pas du tout mais alors pas du tout envie de sortir de nos sacs et nous retenons de leur suggérer d'aller se faire... enfin vous voyez quoi ! et préférons nous terrer dans un mutisme réprobateur. Fianlement nous tentons sans grand entrain une sortie de notre truc-chose-gloo pour avaler 2-3 Gerblé. La météo est bouchée, tout comme notre moral à tous. Le raid est compromis nous décidons le repli : B4 puissance 3 pour les 3 jours qui restaient à faire.

Pour sauver l'honneur on se dit qu'on pourrait peut-être eventuellement si possible envisager de monter au mont Rosset par la voie normale qu'on croisera dans notre débacle. Fianlement au pied du Rosset, les flocons tombent de plus en plus, la visibilité est nulle, le moral est dans les chaussettes et la météo interrogée par téléphone portable dans un coin avec un peu de réseau annonce limite la fin du monde. Tiens ! a posteriori cette histoire d'igloo, de sale temps, de 4 randonneurs, de Mont Rosset, ça me dit quelque chose...
Tarif : B4md

Bref retour au point de départ, E.T. téléphone-maison, papa-taxi, téléfoot.... hein ?! un raid à ski ? koi ça ?? dans le Beaufor-quoi ? Zêtes pas bien !

Vos commentaires (2)

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